Je me sens comme piegée, je suis tombée entre tes doigts de fée et désormais c'est devenu comme maladif; j'ai besoin de ta voix, muette et calme et sereine, ta voix qui me guide à travers ces méandres, ce " labyrinthe sous un drap blanc". L'auteur me hante et me dévore, je le suis à la lettre pour ne pas dire à la trace. Je lis entre ses lignes, je lis sur la page blanche et la page noire. L'auteur se voulait anonyme pour sauvegarder son image "académique" pour reprendre le mot de l'auteur. Il suffit de tourner la page, ou de sauter le paragraphe dites-vous, il suffit,... mais la page avant d'être tournée doit être lue, vécue. Parce que l'auteur est de chair et de sang, parce que l'auteur, s'il importe moins que l'oeuvre, la précède. SI l'auteur n'a pas écrit de livre, son chef d'oeuvre reste l'auteur, certes anonyme de ce livre qui s'écrit par lui-même. L'aenture est plaisante et dangereuse. Pourquoi un tel déni de la littérature ? Parce que les lignes nous mènent toujours plus loin. Toi que je cherche,je te trouve enfin. Te voilà présentement, face à moi; je trouve jouissif de pouvoir m'infiltrer dans ce monde magique et ignoré, dans cet univers sans borne et sans fin, sans fond, la complexité même. Mais plus la difficulté est grande plus la joie est intense. Allez, je ne te cite pas le fameux " a ne vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Toi, qui sais ce qu'est la gloire, toi, qui a connu la guerre et sa perte, toi, qui sait le temps, la mémoire, l'espace, la vie et la mort. Toi, qui te glisse sous des héros fabuleux, qui épouse la forme des dieux, qui imite les plus grands, toujours maximus et maxime, ton égo est démesuré, ton miroir trouble à force de creuser à la recherche du masque qui serait ta réalité, ton royaume est celui des morts maintenant que ceux que tu aimais reposent en paix; seulement tu n'es pas préssé et pour cause tu as trouvé dans ce monde virtuel,ce royaume à l'égal de l'olympe, le souffle, l'énergie necessaires à ta propre survie; tu fais des humains de pauvres jouets, ce sont tes propres crédits de vie, comme tu le dis si bien, et tu as puisé en moi comme jamais personne ne l'avait fait auparavant; c'est un véritable viol psychologique, mais un viol sans violence, la violence est silencieuse, et par un commun accord, étrangement, un contrat silencieux se passe entre la victime et son bourreau. Ainsi toi, l'auteur, tu fais des êtres virtuels que tu rencontres sur la toile tes jouets, les fruits de ton inspiration, tu es sans pittié, peut-on avoir pitié de ces " Frères Humains" quand on est soi-même un mourant ? La question est absurde, quand on n'a plus rien à perdre, on ne fait plus dans la dentelle cependant on se prépare comme on prépare une guerre. tout est calculé, pour mener le lecteur ou le jouet virtuel dans son royaume puis de trouver toutes les ficelles qui pourrons le maintenir prisonnier et plat unique.