P.S. : Il y aurait, il y a, c’est certain, encore d’autres choses à dire sur ce livre, et peut-être plus intéressantes que quelques-unes des parties qu’il contient déjà. Cette réflexion n’a normalement qu’un début sans fin, c’est pourquoi une suite n’est pas à rejeter, et est même très envisageable. Cependant, ce livre-ci aurait pu s’arrêter plus tôt ou plus tard, mais dans tous les cas, il n’aurait pas été possible de le terminer sans parler de sa moralité dans son ensemble. Si nous avons déjà abordé ses différentes facettes, il est à noter que tout le livre ne s’articule que sur les trois aspects de la morale : l’idée de départ est la création d’un livre pouvant servir de norme dans la société car écrivable par n’importe quel homme s’y intégrant. Son développement illustre et explicite les fins que recherchent les hommes dans l’accomplissement d’un livre tel que celui-ci : l’universalité, l’expérience individuelle et la vérité. Ses conclusions fournissent l’enseignement que peut apporter l’exécution d’un tel livre. C’est pourquoi je ne pouvais terminer ce livre sans dire qu’il est essentiellement un livre-morale et non pas un livre moral, car il ne peut fournir une quelconque règle de conduite puisqu’il ne s’intéresse qu’à lui, ou se considérer conforme à ses règles, puisqu’il les ignore, ou encore se prétendre entièrement fruit de l’esprit conscient, puisqu’il résulte d’une logique consciente balisée par des pulsions inconscientes. Pourquoi préciser finalement le mécanisme du livre, qui semble transpirer tout au long de ces pages ? Pour se débarrasser de quelques ombres implicites supplémentaires, mais également pour faire remarquer que ce livre, de façon quasi logique, a pu développer une morale interne. Quels facteurs ont été nécessaires à la réalisation de celle-ci ? Le détachement de l’auteur, l’absence d’indices culturels, la limitation du sujet à son objet même, et peut-être d’autres, moins visibles, plus diffus, mais tout aussi indispensables que ces premiers pour parvenir au résultat final. C’est ici que la question se pose de manière simple à celui qui a suivi le cheminement du livre : Est-il possible de tirer une quelconque forme d’enseignement de ce livre dans l’élaboration logique d’une morale s’appliquant à une société ? Cependant, il ne faut pas voir dans ce livre un exemple mais un essai, non pas une proposition mais des suppositions, non pas une affirmation mais des interrogations. Et le lecteur n’y est pas spectateur mais acteur. Le livre ouvre des portes (peut-être déjà ouvertes pour certains), et plutôt que de les refermer, c’est au lecteur de les franchir, pour trouver ses propres réponses aux questions qu’aura éveillé en lui le parcours d’un livre.