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Un matin du printemps 2002

C’est en arrivant à la gare ce matin que j’ai pu constater que nous n’avons pas besoin d’aller à Marseille pour être choqué de l’attitude d’oppression psychologique des forces de l’ordre dans ce pays.
Il s’agissait d’une personne voyageant apparemment sans billet, qui devait être réceptionnée par la police.
Les agents de sécurité étaient quatre pour un.
Cette personne était en plus un mineur, de 15 ans tout au plus, ce qui renforçait l’incongruité du déplacement en grappe des justiciers.
Il était possible que ce jeune se soit retrouvé là suite à une fugue, ce qui, à mon sens, rend encore plus condamnable ce qui suit.
Evidemment il y a le fait que ce rapport de force tente de nier tout civisme et toute responsabilité de la part de celui qui se retrouve dans une situation non
réglementaire, et dont l’ensemble des agissements ne peut évidemment pas être considéré comme coopératif, sans aucune recherche des causes et des tenants de la situation. C’est une forme de “peine d’humiliation”.
Mais il y a pire.
Le fait de se déplacer à quatre prend tout son sens lorsqu’on se rend compte que l’encadrement fait partie d’un processus de “pré-incarcération”. Les agents sont deux devant, deux derrière, et forme une cellule virtuelle, une prison mobile à l’intérieur de laquelle se trouve le coupable.
Ce n’est pas une vue d’esprit, ni une métaphore, et c’est là je pense le plus important : sur ce quai de gare, au milieu de la foule, la question du contrôle est illusoire, les agents ne peuvent pas constituer leur cage tel qu’ils la voudraient dans des conditions normales.
C’est donc uniquement vis à vis de la symbolique de cette mise en scène qu’ils agissent. Vraiment ? Oui, vraiment, car j’ai tenté de m’introduire dans leur “périmètre” à trois reprises, pour voir ce que cela pouvait me faire d’une part, pour voir ce que cela pouvait leur faire d’autre part. Les deuxième et troisième fois, peut-être parce qu’il avait interprété mon comportement comme volontaire, un des agents m’a demandé de m’écarter en poussant du bras mon sac à dos. Je ne gênais personne, et si je l’empêchais peut-être de voir où était son collègue devant lui, cela devait être de façon très fugace, car tous devaient naviguer entre les voyageurs sur le quai, en déformant leur bel alignement.
Pour moi, il s’agissait purement et simplement d’une volonté de faire respecter leur mise en scène.
Une hypothèse possible est celle de l’intidimidation vis à vis d’un jeune impressionnable, dans un but peut-être éducatif ou préventif. Mais quelqu’un qui n’a pas payé un billet de train ou autre doit-il supporter une telle dramatisation ?

Tags: Humeurs, Humour...

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