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The serendipity will come on the implosion's time


Un bref aperçu de la liberté d’expression audiovisuelle française

La France, réputée pays des droits de l’homme, n’a reconnu par texte de loi qu’au début des années 80 que “la communication audiovisuelle est libre”.
Cette loi devait permettre à tous les médias libres qui naissaient alors d’apporter des voix au débat démocratique contre l’hégémonie de l’appareil d’Etat.
Finalement, elle fut l’équivalent d’une dérégulation totale de l’accès aux ondes qui eut pour conséquence la main-mise presque exclusive de grands groupes privés sur les nouveaux canaux légalisés.
De plus, les télévisions associatives, seules représentantes crédibles de l’indépendance télévisuelle, seront encore interdites de diffusion jusqu’à l’été 2000.
La France est donc l’un des derniers pays prétendument démocratiques ayant accepté l’existence d’un Tiers Secteur Audiovisuel (TSA) incluant la télévision.
Cependant cette victoire est depuis lors remise en cause : le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), reliquat de la censure gouvernementale, interdit les télévisions associatives de diffusion lors des périodes de campagne électorale.
De plus, progressivement, à Paris puis en province, les rares canaux de diffusion disponibles en hertzien pour ces chaînes vont être réquisitionnées pour développer le futur réseau de la Télévision Numérique Terrestre (TNT), évolution technologique marchande dont des expérimentations à l’étranger ont pu montrer les limites et les dérives.
Avec la TNT, la diffusion hertzienne nécessitera dans le futur des moyens financiers sans aucune mesure avec ce qui a permis d’être réalisé jusqu’à ce jour grâce à la baisse des coûts techniques de l’audiovisuel.
L’accès aux ondes françaises, bien public au même titre que l’air ou l’eau, va progressivement être réservé à des groupes financiers ou para-publiques aux intérêts mercantiles.
La situation est également très alarmante en Espagne, avec une dérive sécuritaire des lois touchant à la liberté d’expression audiovisuelle, et en Italie, où le Cavaliere truste la quasi-totalité du marché télévisuel.
Depuis sa création en l’an 2000, la Zone d’Action pour la Liberté d’Expression Audiovisuelle, Zalea TV, a pu prouver à plusieurs reprises, par ses diffusions et ses nombreuses autres actions de contre-pouvoir audiovisuel, qu’une télévision libre et non-marchande a sa place dans le Paysage Audiovisuel Français (PAF).
Zalea TV, ainsi que d’autres télévisions libres de France (Primitivi, TV Bruits…), se bat pour faire reconnaître la place du Tiers Secteur Audiovisuel (TSA) dans son pays mais également à l’étranger, tout en refusant d’être relégué au statut de webtv, ghettoïsation technologique qui permettrait aux autres pouvoirs de se débarasser de leur mauvaise conscience dans l’océan du web.
Dans ce sens, ces télévisions participent à l’élaboration d’un Forum international des télévisions libres au cours de l’année 2004, en lien avec des télévisions italiennes, espagnoles, vénézueliennes, belges, hollandaises, et toutes celles qui ont la volonté de participer à ce qui, partout dans le monde, et comme aujourd’hui à México City, constitue l’alternative citoyenne à la tutelle médiatique.
Nous invitons tous ceux présents à México à rejoindre la liste de diffusion freetvnetwork sur laquelle nous échangeons les expériences de chacun, en essayant de mutualiser les savoir-faire et d’explorer les nouvelles modalités techniques (Internet, satellite) permettant d’échanger des programmes à travers le monde.
Une autre télévision est possible et plus que jamais nécessaire.

Tags: Politique

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