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HUMANITE : TEST DE LABYRINTHOIRE


(R)

Noir.

OFF : C’est comme…
Apparaissent deux ‘O’ blancs, accompagnés d’une note au piano.
Un monde.
Même principe que précédemment avec le ‘T’, d’une autre couleur, avec une autre note sur un autre instrument.
C’est un monde.
Inscription du ‘U’. Les lettres se succèdent à chaque nouvelle phrase, sur le même principe, pour former (R)EVOLUTION(S).
C’est un monde, où seuls périssent les oubliés.
‘V’.
C’est un monde, où vouloir c’est avoir.
‘E’.
C’est un monde, où tout le monde sait ce que chacun sait.
‘N’.
C’est un monde sans haut, un monde sans bas.
‘I’.
C’est un monde libre.
‘L’.
C’est un monde…
‘(S)’.
C’est notre monde…
‘(R)’.

Blanc.

Scène 0. Ext. Ciel
L’accord précédent la scène est développé en accompagnement.
La caméra vole d’abord à travers des nuages puis arrive dans une zone dégagée de bleu. On distingue un nuage de bonne taille dont on se rapproche rapidement. Plus près, on aperçoit une silhouette humaine flottant quelques mètres en dessous du nuage.
Point de vue de l’homme sous le nuage, qui voit arriver sur lui en lévitant une petite fille dans une robe blanche très ample.
Point de vue extérieur, l’homme à gauche, la fille à droite. L’homme est également habillé d’une longue toge blanche, il est âgé, porte une grande barbe. La petite fille vient se placer face à lui, en souriant. Elle pose ses mains sur les oreilles du vieillard, qui l’imite, puis ils se penchent tout deux pour mettre leur front en contact, tout en fermant les yeux.
Noir.
OFF :
Le vieil homme : Lan ka.
La fille : (la langue du film ou du sous-titrage)

Scène 1. Int. Chambre d’Estebal - noir
Musique d’intro ( peut être Don’t stop the carnival de Sonny Rollins). Gros plan sur l’œil fermé d’Estebal, qui s’ouvre brusquement au bout de quelques instants.
Estebal, couché, se redresse dans son lit face à la camera, sans que l’on voit son visage plus haut que la bouche. Il jure “Merde !”.
Gros plan sur l’avant-bras gauche d’Estebal. Sa montre indique 8H17. “Merde !”
Une pastille effervescente est plongée dans un verre d’eau. Elle se dissout très vite, comme en accéléré. Il n’en reste rien avant même qu’elle ne touche le fond. “Merde!”
Estebal, en chemise et pantalon, boit le verre à toute vitesse.
Plan fixe. Au premier plan, une salle de bain ouverte. A gauche, un lavabo surmonté d’un miroir sur lequel on peut lire, écrit au rouge à lèvre :
Gregor Gates
701 832 768

La musique se stope. A droite, un couloir et une porte. On voit Estebal sortir, une veste à la main, par la porte en jurant encore. La porte se referme. Bruit de clé. Bruit de pas dans un escalier. Arrêt. “Merde !”. A nouveau bruit de pas et de clé, agrémenté de “Merde !” rapides. Estebal réapparaît, laissant la porte ouverte, et se dirige vers la salle de bain. Au moment ou il est prêt à y entrer, il prend à gauche dans un autre couloir et en ressort deux secondes plus tard, un ordinateur portable à la main. Il se dirige à nouveau vers l’entrée et claque la porte avec un autre “Merde !”. La musique reprend.

Scène 2. Ext. Station de métro - jour
Estebal court, se frayant un passage au milieu de la foule, son portable au-dessus de la tête, en costard, la cravate desserrée.

Scène 3. Int. Métro - jour
Estebal pénètre de justesse dans le wagon, essoufflé. Il regarde l’horloge électronique accrochée au mur. Elle affiche 8H37.
Il se coiffe dans le reflet d’une vitre avec sa main droite. Il s’arrête presque aussitôt : des dizaines de cheveux lui restent entre les doigts. Il les regarde en fronçant les sourcils, interloqué. Il les range discrètement dans une poche de son costume.

Scène 4. Ext. Rue - jour
Estebal court, le portable entre les mains, devant sa cravate resserrée. Il pénètre dans un palace par un tourniquet.

Scène 5. Int. Palace - jour
Un groom l’interpelle. Estebal se précipite vers un ascenseur de service ouvert et s’engouffre dedans.

Scène 6. Int. Ascenseur
En contre-plongée. Estebal met l’index droit dans un petit orifice, qui lui fait tourner brusquement le poignet vers la droite puis vers la gauche, pendant qu’il fait une grimace, avant de le laisser le retirer.
Plan américain. Il regarde sa montre. Il reprend son souffle en respirant profondément. On entend un petit “Merde” étouffé entre deux mouvements.

Scène 7. Int. Salle de réunion de l’OMNI
L’ascenseur se stoppe et la caméra se fixe sur les portes. Celles-ci s’ouvrent lentement, faisant apparaître une salle ovale dont les murs sont d’un gris métallisé identique à celui de l’ascenseur. Ils sont éclairés par un néon blanc recouvrant tout le plafond, qui est très bas, à 1m50. Une table de la même couleur occupe toute la pièce. Autour sont assis une dizaine d’hommes, blancs, jaunes, rouges, noirs…, plus vieux qu’Estebal en moyenne, entre 35 et 55 ans, en costard gris comme Estebal. Devant chacun d’eux se trouve leur portable gris ouvert. Tous regarde l’ascenseur s’ouvrir sur Estebal.
Lorsque les portes de l’ascenseur sont totalement ouvertes, la musique s’arrête et la caméra avance vers une des places assises libre. Les autres continuent de suivre le mouvement de la caméra en silence.
Point de vue du n°1, Hémortep, au bout de la table :
Plan large. Au premier plan, la tête d’Hémortep de dos. On voit Estebal s’installer et ouvrir son portable. Il se tourne vers lui une fois installé et lui lance un sourire exagéré en penchant la tête.
Gros plan d’Hémortep de face. Cheveux blancs, un peu basané, un peu ridé. Il lui renvoit sa grimace.
Hémortep : Merci pour votre ponctualité monsieur Estebal ! N°2, l’ordre du jour, s’il vous plaît ?
N°2 : Comme hier et avant-hier, il est consacré au bilan mensuel du directeur d’Atlantis, le n°35.
Hémortep feint la surprise en regardant Estebal.
De nouveau, point de vue d’Hémortep.
Estebal (répondant à la mimique d’Hémortep): Merci n°2.
Sur les portables des autres s’affiche l’image de l’écran du portable d’Estebal, sur lequel on peut lire “Bilan n°60 de la base expérimentale Atlantis.”, accompagné d’un petit dessin mettant en garde contre le risque de s’endormir.
Estebal (parlant très vite en récitant): Ce mois-ci s’est achevée la deuxième année de fonctionnement de la base. En plus du bilan mensuel normal, ce compte-rendu comportera donc un bilan de “mi-parcours”, retraçant les principales conclusions qu’ont pu fournir Atlantis jusqu’à présent.
Gros plan sur le portable d’Hémortep. Celui-ci clique sur le petit bouton central.
Estebal marque une pause.
Plan serré sur l’image du portable d’Estebal. Une goutte de sang tombe dessus et y coule lentement.
Léger travelling arrière. Le sang provient de son oreille gauche.
Gros plan d’Hémortep de face.
Hémortep (sans déserrer les mâchoires): Un… souci, n°35 ?
Point de vue d’Hémortep.
Estebal (après un bref coup d’oeil en direction d’Hémortep): Dans un premier temps donc, nous examinerons le bilan des deux années écoulées, sur le plan économique, logistique…
Estebal s’effondre sur la table, inconscient.
Plan large, Hémortep à droite.
Hémortep (exaspéré mais souriant) : Et allez ! Ca fera jamais que la troisième fois !
Calme total dans la pièce. Lentement, les hommes présents sortent de la salle et prennent l’ascenseur tous en même temps, serrés comme des sardines. Seul reste Hémortep et Estebal, toujours inconscient sur la table, les yeux fermés, la bouche ouverte. Hémortep fixe Estebal en pianotant sur son portable.
Voix féminine (d’un enthousiasme crispé, d’une personne pressée): Standard central de l’OMNI, bonjour !
Hémortep : Bonjour Cynthia. Comment ça va ce matin ?
Cynthia : Très bien, Hémortep, et vous ?
Hémortep : Oh ! Mieux que le n°35, je crois.
Cynthia : Encore ?
Hémortep (l’air content): Cette fois j’en ai marre, je l’envoie au centre. Vous pouvez appelez le service de ma part ?
Cynthia : No problemo.
Hémortep : Vous êtes a-do-rable.
Cynthia : Bonne journée, n°1.
Hémortep : Bonne journée, ma belle.
Il coupe la communication.
Hémortep (regardant un point fixe en souriant, et en répétant avec plusieurs intonations) : Bonjour, monsieur le Président ! Bonjour, monsieur le Président !
Travelling avant vers l’œil fermé d’Estebal. Noir.

Des images au ralenti, sans son : On distingue un homme dans la pénombre, Erost, allongé près d’une colonne, étrangement lumineux. D’un coup, une flamme s’élève au dessus de lui et commence à se répandre sur son corps. Deux autres hommes se précipitent sur lui, tentant de lui venir en aide.
Gros plan du visage de l’un d’entre eux, penché sur Erost, et criant son nom.

Noir. Musique : Ciudad sin sueño de Morente.
Fondu sur…
Scène 8. Ext. Atlantis - aube
Deuxième accord : Début du levé de soleil. Des colonnes se détachent dans la lumière, donnant l’illusion d’un centre ville parsemé de gratte-ciel.

Scène 9. Int. Salle d’opération du centre de traitement de l’OMNI
Premier phrasée: Plongée sur le crâne d’Estebal, de dos. Un homme en blouse blanche est debout derrière lui. Il lui ote sa perruque pour laisser apparaître un dispositif pour faire couler du faux sang dans l’oreille.

Scène 10. Ext. Atlantis - aube
Deuxième phrasée : en macro, la camera suit la lumière s’approchant d’une colonne. Le sol est blanc. La colonne est blanche sur une face en demi-cercle, noire sur les deux autres faces perpendiculaires. Les faces noires sont brillantes et quadrillées comme s’il s’agissait des fenêtres d’un vrai gratte-ciel. Ce sont des capteurs solaires inclinables.
La camera découvre un pouce, puis une main derrière la colonne. 2 ou 3 séquences similaires mais plus rapides découvrent une épaule, un genou, une tête. Durant toute la scène, l’image est entrecoupée d’une vision floue, d’un objet enflammé et immobile, à silhouette humaine. Gros plan sur un visage, sur lequel avance la lumière. L’image s’arrête quand la camera atteint l’œil.

Scène 11. Int. Chambre d’hôpital
1er chœur : gros plan sur un œil qui s’ouvre. C’est celui d’Estebal. Plan large de côté. Estebal est dans un lit d’hôpital, dans une grande chambre où il est seul. Il a le crâne entouré d’un grand bandage.

Scène 12. Ext. Atlantis - aube
Deuxième solo : Même point de vue qu’a la scène 11. Un homme rasé habillé comme un pensionnaire d’asile ou de prison est étendu derrière une colonne. Il se relève, se met debout et commence à marcher.

Scène 13. Int. Chambre d’hôpital
2e chœur : Même plan. Estebal est debout, en pyjama. Il n’a plus son bandage et il est rasé. Il s’approche doucement de la porte.

Scène 14. Int. Bloc opératoire
Chœur et solo : Radios d’un cerveau, sur lesquelles est indiqué un point en rouge, au-dessus de l’oreille gauche. Travelling arrière. Les quatre chirurgiens sont tournés face au mur lumineux où sont enfichées les radios. Plan américain. Les quatre hommes s’échangent des commentaires l’air perplexe, couverts par la musique.

Scène 15. Int. Couloir
Début de la guitare électrique : Plan serré de la tête d’un garde, près d’un bout de couloir. Une main lui passe devant la bouche et le fait disparaître du champ.

Scène 16. Int. Salle de surveillance.
Sur un mur se trouvent une dizaine d’écrans de contrôle. Sur l’écran de la chambre d’Estebal, on zoome sur le lit. Son traversin est placé longitudinalement dans le lit, et le haut est entouré de bandage.

Scène 17. Int. Dirigeable de l’OMNI.
Un point écrase un bouton poussoir rouge. La caméra, qui était en plan vertical, revient à l’horizontal. Une porte coulissante comportant un hublot rectangulaire se referme sur Estebal qui sourit, un fusil et les vêtements du garde au bras, la main gauche sur le bouton.

Scène 18. Ext. Atlantis - midi
Sur une face blanche d’une colonne, une porte coulissante comportant un hublot, sur lequel se reflète le buste d’un homme, s’ouvre, laissant apparaître un écran aussi large que la porte.

Scène 19. Int. Bloc opératoire
Un écran s’allume sur le visage d’Hémortep.

Scène 20. Int. Dirigeable de l’OMNI
Visage d’Estebal, le sourire en coin. Il se trouve assis dans une petite salle de commande, genre cockpit. Il enclenche une manette.

Scène 21. Ext. Atlantis - midi
Quatre pensionnaires rasés, encadrés de colonnes et faisant face à l’écran, se retournent : ils entendent un grand bruit qui les fait sourire.

Scène 22. Int. Bloc opératoire
Les quatre chirurgiens, disposés de manière similaire aux précédants, éclairés par l’image de l’écran qu’occupe Hémortep, essayent d’expliquer, nient de la tête, ont l’air désolé. Travelling sur les quatre visages successifs.

Scène 23. Ext. Atlantis - midi
Les quatre hommes sont maintenant retournés et regardent dans la même direction. Ils ont l’air excité.

Scène 24. Ext. midi
Premier crash de la guitare électrique : d’un plafond coulissant de la taille d’un hangar sort un mini-dirigeable, sur lequel est dessiné le sigle stylisé de l’OMNI : un iguane en cercle voulant s’attraper la queue.

Scène 25. Ext. Atlantis - midi
Deuxième crash : plan utilisant le champ en profondeur.
En premier plan, les quatre hommes de dos. On distingue les bords de l’esplanade blanche hérissée de colonnes de 2m50 de haut. Plus loin, la mer. En fond, le centre de traitement de l’OMNI. Sur chaque bâtiment est dessiné l’iguane. On aperçoit également le dirigeable juste au-dessus, se tournant dans la direction d’Atlantis.

Scène 26. Ext. midi
Troisième crash : au-dessus du dirigeable dans la direction d’Atlantis. Vue générale d’Atlantis : les colonnes sont ordonnées et forment des cercles concentriques autour d’un dôme central, blanc, brillant : c’est “l’igloo”. On peut distinguer une dizaine d’hommes.

Scène 27. Ext. Atlantis - midi
Travelling avant sur le visage d’un des quatre hommes. Il crie un appel de ralliement, couvert par la musique.

Scène 28. Int. Couloir
Autre gros plan d’un visage criant l’alerte. C’est un garde de l’OMNI regroupant tous les gardes pour sortir.

Scène 29. Ext. Atlantis - midi
Premier coup de batterie : plusieurs hommes qui était encore couché se lèvent au son de l’appel.

Scène 30. Ext. Centre de traitement de l’OMNI - midi
Deuxième coup de batterie : les gardes s’alignent et mettent en joug le dirigeable. Le même qu’à la scène 28 se place devant eux sur le côté pour leur donner le commandement.

Scène 31. Ext. Atlantis - jour
Troisième coup de batterie : tous sont maintenant debouts et se dirige vers les quatre déjà regroupés.

Scène 32. Ext. Centre de traitement de l’OMNI - midi
Quatrième coup de batterie : première salve de tir. Mouvement de camera vers le dirigeable, qui ne semble pas avoir été touché.

Scène 33. Int. Dirigeable
Cinquième coup de batterie : Estebal, qui se changeait, s’est arrêté. Puis il reprend plus vite.

Scène 34. Ext. Atlantis - midi
Les hommes se regroupent tous en fixant le dirigeable.

Scène 35. Ext. Centre de traitement de l’OMNI - jour
Sixième coup de batterie : deuxième salve de tir.

Scène 36. Int. Dirigeable
Estebal, qui s’apprête à sortir du cockpit, est déstabilisé par l’impact d’une balle qui a endommagé le moteur du dirigeable. Il sort avec la mitraillette et se dirige vers un sas au centre du dirigeable.

Scène 37. Ext. - midi
Septième coup de batterie : une échelle de corde se déroule du dirigeable. Estebal la descend et regarde Atlantis.

Vue arrière du dirigeable qui commence à changer de direction, et survole presque Atlantis.
Vue de l’esplanade sur le dirigeable avec Estebal sur l’échelle.

Scène 38. Ext. Atlantis - midi
A l’endroit où se projette l’ombre du dirigeable, des filets d’eau convergent.

Scène 39. Ext. Centre de traitement de l’OMNI - midi
Les gardes baissent leur arme et regardent perplexes le dirigeable approchant Atlantis.

Scène 40. Ext. - midi
Estebal descend toujours et finit en bas de l’échelle. Il fixe l’endroit où l’eau s’accumule. On n’entend que la musique.

Scène 41. Ext. Atlantis - midi
La masse d’eau, cylindrique, représente maintenant près d’ un mètre cube, avec une hauteur de presque 3m.

Scène 42. Ext. - midi
Estebal saute de l’échelle, d’une dizaine de mètres au dessus de l’esplanade, lâche la mitraillette dans sa chute, et tombe dans le cylindre d’eau, au moment précis ou la guitare s’arrête.

Scène 43. Ext. Centre de traitement de l’OMNI - midi
Le chef des gardes saisit son képi d’une main en l’écrasant et le jette par terre, sur le dernier cri de la musique.

Scène 44. Int. Ecran d’ordinateur - Salle de réunion de l’OMNI.
“N°35 on Atlantis.”
Travelling arrière rotatif sur le visage d’Hémortep, souriant.

Noir, puis raies de lumière, comme quelqu’un ouvrant les yeux.

Scène 45. Ext. Atlantis - jour
L’image, d’abord floue, se fait nette. Un Atlante, Médi, est penché vers la caméra, en contre-plongée.
Médi : Estebal ? Estebal ! ça va, vieux ?

Scène 46. Ext. Atlantis - jour
Plan large. Estebal est par terre, adossé à une colonne. D’un mouvement soudain, il se relève et saisit Médi par le col.
Estebal : Qui est vieux ?
Les Atlantes, tout autour, acclament Estebal en applaudissant et sifflant.
Médi : Lec !
Lec amène un cube en métal plein d’eau.
Gros plan sur Estebal, que Lec fait boire.
Estebal : Merci.
Lec : T’as voulu joué au héros ? Tu nous as fichu une de ses trouilles !
Estebal (pouffant) : C’est plus de mon âge ce genre de conneries…
Eclat de rire général.

Scène 47. Bureau présidentiel - jour
Premier plan général, vue extérieur de la Maison Blanche sous une pluie battante. On entend une voix dire “Bonjour, monsieur le Président !”, différente de celle d’Hémortep, mais avec exactement le même ton.
Deuxième plan, dans le bureau présidentiel. Un valet est assis dans un fauteuil face au bureau, un cigare à la main. Le président Kanagan, vieux, opulent, cigare à la bouche, debout derrière le bureau et face à la fenêtre, regarde au dehors. Durant toute la scène, les deux hommes sont ironiques, leur complicité laissant transparaître une haine réciproque refoulée.
Kanagan : Mon cher Hémortep, vous le savez, j’ai toujours eu beaucoup d’estime pour vous. Vous êtes intelligent, et vous partagez avec moi cette image particulière du pouvoir qui vous rend si… attachant. J’avoue que je ne comprends pas ce qui vous a poussé à faire examiner ce n°35. Ses agissements pourraient s’avérer désastreux pour l’OMNI…
Valet : Justement, monsieur le Président. Je ne l’ai pas laissé s’échapper pour une autre raison.
Gros plan sur Kanagan. Il ouvre légèrement la bouche et se retourne pour observer le valet qui fume tranquillement son cigare.
Valet (un sourire en coin): C’est simple. Estebal, le n°35, nous fait chaque mois un compte-rendu des activités d’Atlantis. Ces derniers mois, il avait développé l’idée d’une évasion possible des Atlantes, mais sans véritable preuve. Nous avons mené une petite enquête, et compte tenu des dispositifs de sécurité, aucun risque d’évasion n’était à envisager sur Atlantis. Ensuite j’ai fait analyser le n°35 à son insu par le n°121. Bien que j’ignore dans quelles conditions il l’a réalisé, il semble que le n°35 ait mal supporté son dernier transfert neuro-informatique. Quoi qu’il en soit, sa puce s’est bloquée en mode réceptif, et il s’est bien gardé de nous en informer…
Kanagan : Même si j’ignore complètement ce que “bloquée en mode réceptif” veut dire, n’importe quelle rétention d’information est condamnable, surtout dans le cadre d’une opération comme Atlantis…
Le valet souffle doucement un nuage de fumée.
Valet (baillant): L’idée d’un formatage m’a effleuré. Mais malgré ses défauts, la personnalité d’Estebal est une aide précieuse à l’OMNI dans sa spécialité. Je voulais donc m’assurer d’abord de ses réels desseins pour savoir si son élimination était vraiment incontournable.
Kanagan : Bien, je vois. Et tout le centre est dans le coup, je présume ?
Valet (s’esclafant): Vous croyez qu’un chirurgien accepterait qu’on manipule ses doses d’anesthésiant, comme ça ? En revanche j’ai obtenu d’un artilleur qu’il ne distribue que des balles à blanc. Il y a eu un léger incident, mais rien de grave.
Kanagan (circonspect): “Un léger incident”! Vous savez combien coûte ce mini-dirigeable, Hémortep ?
Valet (souriant, feignant de ne pas avoir entendu la question): ‘Mande pardon ?
Kanagan (passablement énervé): Mmh, bon, passons. Qu’est-ce que vous comptez faire, maintenant ? Attendre qu’il fasse son petit numéro et qu’il se tire au Paraguay ?
Valet : Dans un premier temps il va s’implanter le transcripteur. Ensuite il le transfèrera aux Atlantes avec le mono KET. Et en échangeant leurs capacités, il est clair qu’ils ont une chance de pouvoir s’évader.
Kanagan : Je suppose qu’ils vont rencontrer quelques… difficultés en chemin.
Travelling arrière. On sort de la pièce pour se retrouver dans une cour intérieure, où il pleut très fort. Decrescendo sur la réplique. Valet : Figurez-vous que je connais personnellement…
Un éclair.

Scène 48. Int. Salle de Travel-KET du centre informatique de l’OMNI
Deux opérateurs, habillé de blouses blanches, devant une porte sécurisée. A tour de rôle, il passe le rituel de l’index comme celui qu’à subit Estebal dans l’ascenceur de l’hôtel.
Op 1 : Attends, dans Rambo il jouait pas mal quand même…
Op 2 : Mais Rambo c’était pas dur, il avait trois répliques dans tout le film. Moi je te dis, dans Oscar on voit bien qu’il sait pas aligner deux phrases correctement.
Op 1 : De toute façon, pour toi un acteur qui a pas fait l’Actor’s Studio, c’est forcément une merde.
Op 2 : Pas du tout, y a des acteurs qui ont pas fait l’Actor’s Studio et que je trouve très bien.
Op 1 : Ah ouais ?
Op 2 : Ouais !
Op 1 : Vas y, donne-moi des noms comme ça pour voir…
Op 2 : Euh, attends…
Pendant le dialogue, les deux hommes entrent dans une petite salle au mur d’un gris métallisé, où trône un siège au design épuré au-dessus duquel est suspendue une paire d’écouteurs de grande dimension. Au fond, une baie vitrée donne sur deux petites salles de contrôle séparées par une cloison centrale, dont l’accès se fait par une porte de chaque côté.
Hémortep se tient sur le siège, un journal entre les mains.
Les opérateurs entre chacun dans une salle de contrôle.
Voix féminine (OFF) : Transfert par Travel-KET dans 23 secondes… 22… 21…
Hémortep pose son journal à terre et se poste bien droit. Il saisit les écouteurs au-dessus de lui et les places à hauteur de ses oreilles. Les écouteurs sont trop écartés pour qu’il puisse se les poser sur les oreilles.
Hémortep : Eh ben, c’est pas trop tôt ! J’espère que ce vieux salaud a pas fumé comme un pompier.

Scène 49. Int. Salle de Travel-KET présidentielle
La salle est identique à la précédente.
Valet (regardant un point fixe en souriant, et en répétant avec plusieurs intonations) : A bientôt, monsieur le Président ! A bientôt, monsieur le Président !
Voix féminine (OFF) : 5… 4… 3… 2… 1… Transfert !

Scène 50. Int. Centre informatique de l’OMNI, salle de commande
Salon au style british. Plusieurs hommes sont placés devant des écrans, assis ou debout. Les écrans sont incrustés dans des parois en bois et dans des planches de 2m de haut, fines, légèrement incurvées dans le sens de la longueur, en verre fumé ou en plastique blanc. Aucun clavier ou système de navigation quelconque apparent. Une musique douce, jazz ou classique, emplie la pièce. Au fond de la salle, une porte coulissante s’ouvre sur Hémortep. Un homme, Gregor Flees, vient à sa rencontre.
Flees : Bonjour n°1 !
Hémortep : Bonjour Gregor ! Je viens de faire une petite mise au point avec Kanagan. Le Président n’a présenté aucune contestation face au projet. (Il sourit) Où en sont nos héros ?
Flees : Estebal se met en condition pour le contrôle des modes.
Hémortep : Très bien, tenez-moi au courant de l’évolution blablabla…
Hémortep s’arrête et fixe un écran de contrôle. Gros plan sur un écran de contrôle rouge ou se détache une cervelle humaine.
Hémortep (feignant la surprise) : Çà alors ! Mais nous avons de la visite !
Un écran s’allume sur le visage de Kanagan.
Kanagan : Alors, Hémort…
Kanagan découvre le visage de quelqu’un qu’il ne veut pas reconnaître.
Kanagan : Mais… mais qui êtes-vous ? Hémortep pourriez-vous m’expliquer…
Smith : Je suis désolé, monsieur le Président, mais je n’avais jamais rencontré un tel système infrarouge auparavant et…
Hémortep : Mon cher Kanagan, Monsieur Smith ici présent nous a gentiment tout raconté. Quelle déception de constater que vous doutez de mon intégrité ! Quoique d’un autre côté je suis assez flatté que vous m’estimiez capable de mener un double jeu à l’insu du président des Etats-Unis…
Kanagan : Ecoutez, je voudrais que les choses soient bien claires, Hémortep. Il s’agit avant tout de sécurité et…
Hémortep : Dans ce cas pourquoi ne pas nous rendre une petite visite ici, au centre, pour observer l’évolution de la situation par vous-même ?
Silence
Kanagan : Préparez l’un de vos hommes pour le Travel-KET, Hémortep.
Hémortep (tout sourire): A tout de suite, monsieur le Président !
L’image s’évanouit et Hémortep se tourne vers Smith.
Hémortep : Que diriez-vous d’un… lifting intégral ?

Scène 51. Ext. Atlantis - jour
Gros plan sur le sol, avec une plaque carrée de 50 cm de côté. La mitraillette la fait sauter.
Plan large. Estebal replace la mitraillette dans son dos, pousse la plaque du pied et commence à descendre une échelle intérieure. Il s’arrête avant de disparaître dans le sol et se tourne vers la caméra. Il regarde les Atlantes un moment, lance un clin d’oeil puis descend.

Scène 52. Int. Igloo
Musique. Gros plan sur une queue d’iguane, qui disparaît lentement à droite. Le pied d’Estebal apparaît.
Plan large : Le centre est occupé par un trou en hélice concentrique, permettant à un iguane de monter et de descendre par cette issue. Une dizaine d’iguanes sont jonchés un peu partout. Estebal s’avance précautionneusement vers un bloc. Il place sa main sur un panneau tactile qui coulisse pour laisser la place à un clavier et un écran digital, sur lequel on lit en gros plan les messages suivants:
ENTER CODE
Estebal tape le mot “CODE”.
ENTER PASSWORD
Estebal tape le mot “PASSWORD”.
ACCESS TO THE TRANSCRIPTOR TRANSMISSION ACCORDED
INSERT HUMAN LINK
En dessous de l’écran, un trou similaire à ceux des scènes précédentes apparaît. Estebal inspire profondément.
Gros plan sur l’œil d’Estebal.
La vision de la scène 10 réapparaît, plus précise : des flashs rapides sur l’auto-combustion d’Erost.
Après un moment d’hésitation, Estebal enfonce son index droit dans la machine. Au bout d’une fraction de seconde, ses membres se raidissent et son visage rougit fortement. Il respire difficilement par le nez, bouche fermée. Durant 10 secondes, Estebal reste dans cette position. Puis il se relâche d’un coup et sort son doigt de l’ordinateur.
TRANSMISSION SUCCEED
Estebal (après une grande inspiration) : Comment j’ai pu inventer une telle saloperie !
Estebal marque une pause. Il est en train de comprendre qu’il ne ressent aucun changement, puis réalise ce que cela veut dire. Une vague de défaitisme tente de le submerger mais il lutte intérieurement pour continuer. Il se redresse et cherche le mono KET des yeux. Gros plan sur le mono KET. Estebal le saisit, le regarde un instant et ferme les yeux avec une expression de souffrance. Il se reprend rapidement et marche vers l’ouverture.

Scène 53. Ext. Atlantis - jour
Estebal émergeant du sol est accueilli par des acclamations.
Le voisin de Médi : James Bond peut aller se rhabiller.
Certains commencent à s’avancer vers l’igloo. Estebal s’en rend compte.
Estebal (paniqué) : L’écran ! Reculez !
D’un coup, silence générale. Tous le regardent sortir du trou, le mono KET à la main.
Médi : Ta puce est encore bloquée ?
Pause.
Médi : Tu ne peux pas contrôler le mode émetteur, c’est çà ?
Estebal : Oh, si ! Théoriquement je peux…
Médi : Théoriquement ?
Estebal (s’énervant): Je suis pas psychanalyste !

Scène 54. Int. Salle de Travel-KET
Gros plan du visage d’Hémortep. Il porte des lunettes noires, comme les autres personnes de la pièce, excepté Smith.
Hémortep : Détendez-vous ! C’est normal ! Çà fait toujours çà la première fois !
Smith est assis sur la chaise du Travel-KET. On lui a attaché les poignets. Impression de chaise électrique.
Smith (terrorisé, essayant de gagner la sympathie d’Hémortep): Vous savez… on m’a implanté la puce il y a huit jours seulement…
On entend rire Hémortep.
Smith : Je ne connais pas le fonctionnement de votre Travel-Truc, là, mais à mon avis… c’est pas…
Rires d’Hémortep.
Smith : Et puis… qu’est-ce que je vais faire moi, dans la peau de Kanagan !
Gros plan d’Hémortep, se penchant sur Smith.
Hémortep : A votre place, je m’estimerai heureux de pouvoir vivre une expérience que je qualifierais… d’historique ! Hmm ? Trêve de bavardages. Je ne voudrais pas faire attendre un narco-trafiquant!
Hémortep découvre un écran d’un des murs de la salle, commandant la chaise. Il s’exprime comme un M. Loyal de cirque.
Et maintenant, cher monsieur, vous allez bénéficier du moyen de transport le plus rapide que l’homme ait jamais conçu. En moins de 5 secondes, le Travel-KET vous fait faire le tour du globe ! Un simple transfert informatique bilatérale, réalisé grâce à votre puce neuro-informatique, vous fait voyager… à la vitesse de l’esprit, si vous m’accordez cette petite approximation. Et en prime, la possibilité d’échanger - pourquoi pas définitivement ? (sourire) - votre corps avec celui de l’autre voyageur. N’est-ce pas tout simplement merveilleux ? Mais je sens que vous brûlez déjà d’envie de l’essayez ! Dans ce cas, bon vent !
Hémortep (à Flees) : Flees, s’il vous plaît…
Flees, dans une des salles de contrôle, enclenche le transfert.
Vf (OFF) : Transfert dans 23 secondes. 22… 21…
Smith : Pourquoi le décompte commence à 23 ?
Hémortep : Fan de Michael Jordan, on se refait pas. Flees, mon sabre… Merci.
Smith regarde la lame, inquiet.
Hémortep : Avouez que vous n’en avez jamais vu d’aussi beau, n’est-ce pas ? Il rit. C’est un faux ! Voyez-vous, je respecte trop les maîtres qui réalisent ce genre d’instrument pour en utiliser un vrai dans des actions aussi… banales.
Vf (OFF) : 15… 14… 13…
Hémortep : Vous savez pourquoi je préfère ce type d’arme ? ça ne s’enraye ja-mais ! Il sourit.
Vf (OFF) : 5… 4… 3… 2… 1… Transfert !
La pièce est d’un coup éclairé par une lumière bleue aveuglante, des arcs électriques jaillissent des deux murs latéraux et se concentrant vers les écouteurs. Un laser se forme entre les écouteurs et passe à travers le cerveau de Smith, au niveau de la puce. Hémortep se place devant le siège, de dos. Après quelques secondes, la lumière redevient blanche.
Vf (OFF) : Transfert terminé.
On voit Hémortep sur la droite de l’écran. D’un mouvement des bras, il se tourne sur le côté et tranche la tête de Smith, celle-ci est éjectée en arrière et disparaît en passant à travers une trappe percée dans le mur.
Hémortep : Three points !
Les autres hommes dans la salle échangent des mimiques critiques sur l’air jovial d’Hémortep. Deux d’entre eux s’approchent du siège, tandis qu’Hémortep, laissant le sabre à côté, quitte la salle avec Flees.
Flees : Le n°35 vient de s’implanter le transcripteur.
Hémortep : Bien !
Flees : Mais il ne dirige pas le passage des modes.
Hémortep : Regrettable ! Espérons que sa mémoire l’aidera… rapidement !

Scène 55. Int. Salle de Travel-KET présidentielle
Gros plan sur Kanagan, l’air mauvais.
Plan large sur la pièce. Sur le siège est assis un garde.
Smith : Mais si vous êtes ici… qui avez-vous envoyez ?
Kanagan : Un garde, ça ne se voit pas ? Et vous, vous êtes qui ?
Smith : Mais, Smith, monsieur le Président ! Et je crains que vous ne revoyiez jamais l’homme que vous avez échangé avec moi…
Kanagan : C’est exact.
Kanagan sort un silencieux de sa veste et l’applique sur la poitrine de Smith. Il tente de tirer mais rien ne se déclenche. Passer le moment de stupeur, Smith tente de faire un geste. C’est à ce moment que le coup part enfin.
Kanagan (regardant son arme, puis imitant grossièrement Hémortep): Rin! ça ne s’enraye ja-mais ! nin nin nin !
Kanagan jette l’arme violemment et sort de la pièce en jurant.

Scène 56. Ext. Atlantis - couchant
Estebal isolé, adossé à une colonne, faisant face à la mer, regardant le soleil couchant fixement.
Plan large sur l’horizon.
On entend un brouhaha au loin, puis des voix en OFF.
Flees : Bonjour, n°35.
Estebal : Bonjour Gregor. Quoi de neuf, sur l’île ?
Flees : Les Atlantes ont un nouveau jeu.
Estebal : Ah oui ?
Flees : Le langage des signes…

Flash lumineux.

Scène 57. Int. Centre informatique
Gros plan sur un écran vidéo. On voit deux Atlantes communiquant par gestes.
Estebal : Je ne comprends pas… Leurs dossiers ne parlent pas de…
Flees : Je sais. Ils l’ont inventé.
Estebal : Ne dites pas n’importe quoi, Flees. Pour créer une langue, il faut…
Flees : Il faut ?
Estebal : Je ne sais pas… Des réunions, des écrits, des… Enfin, une langue ne peut pas sortir du néant, comme çà ! Il y a sûrement une explication…
Flees : Il n’y a pas d’autre explication que leurs puces, monsieur.
Estebal : Contactez un interprète pour sourd-muet. Je suis sûr que nous pouvons facilement les démasquer et…
Flees : Nous l’avons déjà fait monsieur. Cela n’a strictement rien donné.
Estebal : D’après vous, pourquoi feraient-ils ça ?
Flees : Est-il vraiment nécessaire d’y faire allusion, monsieur ?
Estebal : Ce que vous me dites est grave Flees. En avez-vous conscience ?
Flees : Ai-je l’air de plaisanter, monsieur ?
Estebal : Quelle que soit la raison de ce phénomène, nous devons faire au plus vite pour enrayer toute éventualité fâcheuse. Suis-je bien clair ?
Flees : Tout à fait, n°35. Cependant, j’ai quelque chose d’urgent à vous communiquer.
Estebal : Je vous écoute…
Flees : C’est-à-dire… en privé.

Scène 58. Int. Bureau d’Estebal
Estebal : Et merde, merde, merde !
Flees : De toute façon, c’est ça ou tout faire foirer.
Estebal : Et ouais, mais ça fait chier, quoi, putain ! Hémortep pouvait pas attendre ?
Flees (haussant les épaules): On n’a pas le choix ! Si Kanagan fait sa pute, on est baisé !
Estebal (soupirant) : Pfff. Tu sais combien de transfert j’ai déjà fait cette année ? Putain !
Flees : Et moi alors ! Fais pas ta fillette !
Estebal : Mmh mmh. C’est qui qui va se taper le transcripteur dans 2 mois ?
Flees (agacé) : Je sais bien ! Tu veux quoi, que je te fasse une pipe !
Estebal (amusé) : Ah là là ! On n’est jamais trop aidé, hein ?
Flees (sourire en coin) : A qui le dis-tu !
Estebal (résigné mais grandiloquent): The show must go on !

Kanagan : Le meilleur hacker à gage d’Amérique !
Valet : Lui-même ! Et apparemment, il s’est follement amusé en contaminant le PC d’Atlantis.
Kanagan : Que devrait-il arriver, si le n°35 met ses plans à l’œuvre ?
Valet : Le transcripteur est contaminé. Au bout de cinq heures, le temps nécessaire pour le distribuer à tous les Atlantes, il devrait reformater le cerveau de tous ceux qui le possèdent… histoire de changer ces petits troublions en gentils pensionnaires de centre expérimental de luxe !
Ils rient en se dirigeant vers la sortie.
Kanagan : Je n’ai pas douté de vous un instant, Hémortep. Vous avez fait du bon boulot, et méritez une fois de plus mon entière confiance !
Valet : L’OMNI tient à sa réputation, monsieur le Président !

Tags: Ebauches, projets...

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