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L’annexion d’autrui

Sc. 1 Int. Jour
M. Dugenoux, employé de M. Morizot, dans son bureau, face à son écran d’ordinateur, encadré de deux piles de dossier. Il est en train d’écrire. Il s’arrête et passe un coup de fil.
Dugenoux : Bonjour, François Dugenoux, pouvez me passer Me Fontanelle svp ? Je ne quitte pas, merci.
Entre Morizot.
Morizot : Dugenoux !
Dugenoux, surpris : Oui, M. le Directeur ?
Morizot : Vous êtes en retard pour le dossier Fontanelle.
Dugenoux : Quoi ? Mais vous me l’avez demandé pour jeudi prochain !
Morizot : Je le veux pour demain.
Dugenoux : Mais…
Morizot : Dugenoux ! C’est bien vous qui m’avez demandé une augmentation le mois dernier, non ?
Dugenoux : Euh, oui, et justement, je…
Morizot : Vous savez ce qu’il vous reste à faire !
Morizot claque la porte.
Dugenoux : Sal con !
Morizot, rouvrant la porte : Très bien Dugenoux, vous passerez me voir tout à l’heure…
Morizot s’en va en laissant la porte ouverte.
Dugenoux : Mais M. le Directeur je… Allo ? Me Fontanelle, oui, bonjour, c’est François Dugenoux…

Sc. 2 Ext. Jour
Christophe, camé, discute dans un coin avec son dealer, Philippe.
Christophe : Je te jure que c’est la dernière fois, Phil, je te le jure !
Philippe : J’aime pas quand tu jures, mon petit Christophe. Moi, tout ce que je veux, c’est mon blé. Je te donne 48 heures.
Christophe : S’te plaît, Phil, déconne pas !
Philippe : Si dans 48 heures, j’ai pas mon blé, je dénonce ton père aux flics.
Christophe : Non !
Philippe : Et là, tu pourras dire adieu à la dope, mon pote !
Christophe : Mais je l’ai pas ta thune, Phil ! Comment je vais faire ?
Philippe, en s’éloignant : C’est ton problème, plus le mien !
Christophe : Phil ! Salaud !

Sc. 3 Int. Jour
Bureau de Morizot. Il est au téléphone quand entre Dugenoux.
Morizot : Mais ma chérie, tu sais bien que… oui mais… non mais je…
Il fait signe à Dugenoux de s’asseoir.
Morizot : Oui, je sais mais… d’accord… d’accord… très bien… oui, c’est ça, au revoir ma ché ( la communication a coupé) rie.
Morizot relève la tête et regarde Dugenoux silencieusement.
Morizot : Qu’est-ce que vous faites, ce soir, Dugenoux ?
Dugenoux : Je vous demande pardon ?
Morizot : Rien, comme d’habitude, j’imagine ! Très bien ! Dans ce cas, vous accompagnerez ma femme à cette foutue soirée.
Dugenoux : Votre femme ? Mais c’est que…
Morizot : Hm ?
Dugenoux : Je… j’en serais… honoré, M. le Directeur !
Morizot : Très bien ! Son chauffeur passera vous prendre chez vous à 21 H 00.
Dugenoux : 21 H 00. Très bien, M. le Directeur. Autre chose ?
Morizot : Nan ! Vous pouvez disposer, Dugenoux.

Sc. 4 Int. Jour
Christophe discute avec Jean, son père, dans leur salon.
Christophe : Mais P’pa ! Si j’ai pas ce fric dans deux jours, il va tout raconter aux flics !
Jean : Raconter quoi ?
Christophe : Mais… tout ! La secte, la maison close, tout !
Jean : « La secte » ! « La maison close » ! Mais de quoi parles-tu, mon fils ?
Christophe : Mais P’pa, les Edoniennes ! Et tout le blé que tu prends à ces types !
Jean : Blasphème ! Les Edoniennes ont été désignées par la parole céleste ! Elles sont toutes pures ! Seuls les hommes lavés de leurs contingences matériels peuvent les approcher ! Comment oses-tu me parler ainsi de notre Temple ?
Christophe : Papa ! Je t’en supplie ! Il me faut cet argent ! J’ai pas envie de finir en taule ! Tu comprends.
Jean : Je vois. Et je comprends que tu es en train de douter de ta foi. Nous devrons en tenir compte pour la cérémonie de ce soir. Maintenant, va préparer le sanctuaire. Et dépêches-toi ! L’heure approche…

Sc. 5 Int. Nuit
Un inspecteur de police et Philippe, dans une salle d’interrogatoire.
L’inspecteur : 3 semaines ! 3 semaines qu’on te files pour t’prendre en flag ! Et t’oses me dire que tu sais pas de quoi j’parle ! J’peux t’dire que t’es plutôt mal barré, mon gars. Parce que le juge, il est loin d’êt’ sympa avec des mecs dans ton genre.
Philippe : Allez, c’est bon, j’ai compris, faites pas chiez !
L’inspecteur : Mais pleure pas ! J’suis là pour t’aider, moi ! En fait, j’aimerais juste savoir un petit truc. Christophe Biémot : ça t’dit quelque chose ?
Philippe : Hm. Sais pas.
L’inspecteur : Ecoute. J’vais pas tourner 107 ans autours du pot. Si tu veux revoir un jour la couleur du ciel, t’as p’têt intérêt à me dire ce que tu sais vraiment et ce que tu sais vraiment pas.
Philippe : Et j’ai quoi en échange ?
L’inspecteur : Ton dossier fait un joli panier dans la corbeille. Hop ! 3 points ! Alors ? Christophe Biémot !

Sc. 6 Int Nuit
Salle de cérémonie. 5 ou 6 femmes sont assises d’un côté de la pièce. De l’autre, quelques hommes et quelques femmes sont assises. Au milieu, Jean Biémot. Dugenoux est assis à côté de la femme de Morizot et discute avec elle. A côté, Christophe écoute, mine de rien, tandis que, par dessus, on entend la voix de son père, qui termine la séance par une incantation.
Me Morizot : J’ai passé une soirée fan-tas-tique !
Dugenoux : Et moi donc !
Me Morizot : Mon cher, je vous complimenterais auprès de mon mari !
Dugenoux, abasourdi : Ah ! Euh, c’est à dire que, euh… peut-être vaudrait-il mieux ne pas lui donner le détail de la soirée, parce que, voyez-vous…
Me Morizot, s’esclaffant : Mais non, mon ami, mais non. Rassurez-vous, mon mari ne sait rien de ces fameuses soirées édoniennes. Vous pensez ! Déjà qu’il déteste l’échangisme ! Alors, le sado-maso, vous imaginez ! S’il venait à l’apprendre, ce serait une véritable câtâstrophe !
Christophe : Excusez-moi, mais je crois en effet qu’il s’agit d’une catastrophe.
Me Morizot : ‘mande pardon ?
Christophe : Il se trouve que ce soir j’ai enregistré toute la cérémonie.
Dugenoux : Quoi !
Christophe : Il se trouve que j’ai expressément besoin de 20 000 F, et que votre histoire les vaut largement.
Me Morizot : Mais enfin, c’est monstrueux. Vous êtes une… vous n’êtes qu’un…
A cet instant, l’inspecteur de police suivit de deux auxiliaires pénètre dans la pièce.
L’inspecteur : Restez tous où vous êtes. Biémot ! Bouge pas ! Cette fois t’es bon, mon vieux.

LA FIN

Tags: Cinéma

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