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le futile ou le désagréable


A Martins

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Semer les keufs dans le brouillard : fausse bonne idée.
Lawrence m’avait prévenu qu’il n’irait pas me chercher si le plan merdait, et effectivement je tombais tout le temps sur son répondeur pourri. Et à part lui et la grognasse d’hier, je connaissais pas un péquin dans toute cette putain de ville capable de me dire comment me diriger dans ses rues siamoises, plongées dans le coton.
C’était pas le pire. Ce porc de Broder m’avait tailladé l’épaule avec son canif à deux balles. Je sais pas comment il avait réussi son coup, mais ça pissait rouge même avec un garrot. J’aurais du lui régler son compte plus vite. Sale habitude d’attendre le dernier moment pour trancher la gorge des beaux parleurs mauvais payeurs.
Du coup, avant que je vois qu’il m’avait transformé en Petit Poucet hémophile, la flicaille m’avait repéré.
C’est là que le ciel s’est brusquement obscurci et que j’ai cru apercevoir mon salut dans ces rues étroites et enfumées.
Au début je voulais juste me planquer une heure ou deux, histoire de me débarrasser des poulets en loucedé.
Le problème c’est que pour devenir parano, y a pas mieux que les petites gouttes d’eau…
A la première silhouette venant dans ma direction, j’ai bougé sans regarder le chemin pris. Et je me suis paumé aussi sec. Là tu te dis que ce type de temps, de toute façon ça dure pas. Dommage, la nuit tombe vite en hiver à Minneapolis, surtout quand tu t’y attends pas. Et en bordure du centre, une fois les commerces fermés, c’est le désert. Bref, la bonne grosse mouise.
C’est comme ça que j’ai rencontré Martins. Il a ouvert sa porte, il m’est presque tombé dessus, il a vu ce qui restait de mon bras droit et il m’a traîné dans son bouge.
La suite tu la connais, Paul. Après l’enterrement, je t’emmenerais te perdre du côté de chez ce fou furieux. Paix à son âme.

Tags: Nouvelles

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  • 1 par Leverbal

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